| Vanessa Paradis | |||
| Divinidylle (2007) | |||
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Qu'est-ce
qui n'a ni surface ni profondeur ? Qui n'est pas assez léger pour
amuser ni assez grave pour ébranler - ni assez gravement amusant
pour toucher ? Divinidylle est l'un de ces rares disques que
l'on peut écouter six ou sept fois le même jour sans qu'il
en reste quoi que ce soit : pas une image, pas une colère, pas
un plaisir, pas un déplaisir non plus, rien de vulgaire, rien de
détestable, rien d'aimable non plus, pas un son, pas un mot, pas
une phrase, pas une ligne de chant, pas une inflexion qui parvienne à
se faire entendre - rien. Ou pire que rien, car il est des riens qui ont
brillé l'instant de leur éclosion (et de leur retour concomitant
au néant), par leur nullité extraordinaire ou leur fadeur
grandiose ou leur bêtise incroyable, comme des OVNI bricolés
que le désir (ne serait-ce que celui de l'argent) ou la folie ont
permis de voler quelques secondes avant l'explosion et l'oubli (remember
Lova Moor ?). Son seul exploit (et la meilleure preuve de ce que nous
avançons) est de faire apparaître Brigitte Fontaine comme
un auteur anodin, anonyme, sans style, elle qui justement en joue et en
fait parfois trop (du style). Faut-il incriminer Fontaine, qui se serait
tarie en écrivant sur commande, Paradis, qui serait incapable de
faire vivre le texte, ou M le compositeur et l'arrangeur d'"Irrésistiblement",
qui avait su pourtant s'accorder à l'univers de la Bretonne de
l'Ile Saint-louis ? Et d'une manière plus générale,
qu'est-ce qui provoque non pas encore une fois l'ennui, mais l'indifférence
la plus cruelle ("Ah, il y a une chanson qui s'appelle "La Bataille"
? Et une autre "La Mélodie" ? Je ne les ai pas entendues,
tu es sûr qu'elles sont sur le disque ? Et "Les Revenants",
ça te dit quelque chose ?") ? D'abord la grisaille musicale
et particulièrement mélodique (Franck Monnet, incroyablement
indigent) ; ensuite la pauvreté des textes (celui de Fontaine donc,
de Thomas Fersen également, de Jean Fauque, de M... ceux de Paradis
surtout, tous des "textes que ça ne vaut pas la peine")
; enfin la chanteuse elle-même, dont le joli timbre ne dit rien
(c'est comme si les phrases s'y absentaient), et qui n'arrive même
pas à agacer l'auditeur par ses innombrables tics de prononciation,
particulièrement présents dans "Jackadi", la sympathique,
la mignonne, la touchante, l'obligatoire valse-ballade qu'elle a écrite
et composée seule en l'honneur de son jeune fils, et qui réunit
toutes les faiblesses de l'album - et de l'époque, mais c'est une
autre histoire... Quoique. Car l'échec de Vanessa Paradis dans
cet album réside peut-être dans le syncrétisme (un
peu de rock, un peu de pop, un peu de country, un peu de reggae, un peu
de variété sérieuse à la William Sheller,
un peu de France, un peu d'Amérique, un peu d'autobiographie, un
peu de roman etc) d'un univers mortellement adéquat, et,
malgré les ors empruntés à Klimt de la pochette signée
Johnny Depp, mortellement grisâtre, c'est-à-dire qui très
littéralement parvient à tuer des mélodies si accrocheuses
que celles de "Divinidylle", "Dès que j'te vois"
ou "Chet Baker" (toutes trois signées M). |
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| Jérôme Reybaud, octobre 2007 | |||
| 1 Divine idylle (Marcel
Kanche / Georges Kretek / M) 2 Chet Baker (Jean Fauque / M) 3 Les piles (Thomas Fersen) 4 Dès que j'te vois (M) 5 Les revenants (Franck Monnet / Vanessa Paradis) 6 Junior Suite (Didier Golemanas / Alain Chamfort) 7 L'incendie (Didier Golemanas / Vanessa Paradis / Serge Ubrette / M) 8 Irrésistiblement (Brigitte Fontaine / M) 9 La bataille (Franck Monnet / Vanessa Paradis) 10 La mélodie (Franck Monnet / Vanessa Paradis) 11 Jackadi (Vanessa Paradis) |
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| Réalisé par M | |||
| Pochette : Johnny Depp | |||
| CD Barclay / Universal 5301851 | |||