| Peppermoon | |||
Théâtre
des Blancs Manteaux (Paris), le trente et un mai 2009 |
Récitals | ||
| Avec Iris Koshlev à la guitare et au chant, Pierre Faa au synthétiseur et à la narration, et Benoit Pillon à la guitare | Sommaire | ||
| Accueil | |||
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De
petites étoiles argentées collées sur la main des
spectateurs à l'entrée de la salle, des rameaux scintillants
accrochés aux micros, de l'encens et des bulles de savons dans
l'air... Une chanteuse pieds nus dans une robe blanche, des cheveux bouclés,
parfois une guitare en bandoulière, une jolie voix simple, sans
effet, et parfaitement maîtrisée... Surtout de très
belles ballades pop, avec une légère pointe de fadeur, comme
il se doit, pour plonger l'auditoire dans un état de réceptivité
indolente qui permettra de saisir toute la beauté radieuse et mélancolique
de certains mots ou de certaines phrases : "Après l'orage
/ Les routes fument / On dirait comme une amertume / Qui s'évapore
là dans l'espace / Chaque chose est à sa place" ("Après
l'orage"), "Si je vous dis cette histoire centenaire / C'est
que l'on trouve parfois au perron les pétales jaunis / D'un rosier
coupé depuis la guerre / Joséphine dix-sept ans et demi"
("Joséphine"), "Et l'on sème à Vancouver,
à Nantes / Nos sentiments les meilleurs / Feu de joie, Ô
Feu qui réchauffe
les coeurs las" ("Et l'on sème")... Poétique
du lieu et des noms de lieux (il y en aura beaucoup d'autres, Shibuya,
Paris, Tokyo, Greenwich...), poétique de l'instant ("J'aime
le soleil sur l'eau des rivières [...] Nos plus beaux présents
/ Ce n'est que pour l'instant"), poétique de l'évidence
et de la présence du monde, de l'accord parfait et éphémère
("Les Rues tranquilles")... De toute évidence Peppermoon
possède un univers bien défini, à la fois pastoral
et urbain, une certaine ambition (cf. les textes lus entre les morceaux
par Pierre Faa, qui tient par ailleurs le synthétiseur), et la
nécessaire détermination qui élimine la peur du ridicule
et permet à l'artiste de se confronter à ses limites, celles
de la mièvrerie en l'occurrence, que Peppermoon ne franchit jamais,
justement parce qu'il ne craint pas de le faire. Bref, on est heureux,
en écoutant les chansons les plus abouties, comme "Nos ballades",
parfait instant pop, de voir quelque chose de gracieux, d'amical et de
doux, mais aussi de profond, prendre forme sous les voûtes de la
petite salle du théâtre des Blancs Manteaux, à la
lisière de la pop anglaise, de la pop française et du folk.
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Jérôme Reybaud, juin 2009 |
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