Dans
l'hystérie de cette première Nuit blanche où
l'hôtel de ville a été pris d'assaut par
des milliers de parisiens, il fallait être un fidèle
parmi les fidèles de Marie France (et accesoirement
connaître des ruses) pour parvenir jusqu'aux dorures
du Petit Salon dans lequel elle était annoncée
à minuit et demie. Il fallut ensuite beaucoup de patience,
car Marie France ne fît son entrée qu'à
3 heures passées, une coupe de champagne à la
main. Accompagnée de ses deux musiciens (Christophe
Cravero et Valentine Duteil) Marie France entame alors son
tour de chant La fille au coeur d'or. Cependant elle
est interrompue à la fin de la deuxième chanson
par une dame munie d'un talkie-walkie qui lui demande d'écourter
le récital avec un troisième et dernier titre.
Colère des aficionados, joute verbale entre eux et
la gêneuse sous le regard ébahi de Marie France,
à qui finalement est consenti un titre supplémentaire
"parce que ce que vous faites est très bien..."
La chanteuse, un peu troublée par cette employée
de mairie peu délicate qui distribuait des bons points,
termine son récital peau de chagrin sous les applaudissements
des quelques amateurs éclairés que l'on presse
de sortir. On apprit le lendemain qu'au moment même
de cette petite bataille d'Hernani, le maire de Paris, Bertrand
Delanoë, était poignardé dans un salon
voisin...
Au
delà du grotesque et du tragique de la soirée,
on n'oubliera pas cette image parfaite: Marie France au coeur
de la nuit sous les ors et les boiseries de l'Hôtel
de ville devant un piano blanc illuminé (peut-être
emprunté par la mairie à Liberace) dans une
robe rouge ultra-décolletée... Paris is wonderful
! |