Marie
France avait déjà chanté son récital
Duvall au Sentier des Halles en 1998. Deux ans plus tard au
Glaz’art, elle le reprend en le baptisant "La fille
au cœur d’or", avec de nouveaux arrangements
signés Joseph Racaille: désormais le piano est
accompagné d'un violoncelle (respectivement Christophe
Cravero et Valentine Duteil), et cela change tout: phrasés,
placement de la voix, mélodies même parfois.
Pour qui a encore l'interprétation du Sentier en mémoire,
la surprise est grande - d'autant que le son n'est pas très
bon (le technicien en prendra d'ailleurs pour son grade).
Mais Marie France et son orchestre de chambre (et de poche)
parviennent néanmoins assez rapidement à imposer
à l'oreille paresseuse un nouvel univers sonore, plus
ample, où les cordes semblent donner à la voix
de la musicienne plus de profondeur. La "chanteuse
de charme" ne nous refait pas le même numéro
chaque soir, loin de là: elle cherche, creuse, approfondit...
Et l'on ressort d'autant plus joyeux que Marie France, vêtue
d'un ensemble pantalon à paillettes rouges, après
un ultra-camp "Bonsoir Paris" d'ouverture, a entrecoupé
son récital d'anecdotes aussi drôles que fines,
des répétitions au théâtre du "Navire
Night" de la grande Marguerite Duras, aux sinistres imitations
de Marilyn dans le hall d'un supermarché...
Cette "Fillle au coeur" sera reprise ensuite dans
les salles les plus diverses, de Trappes-la-lointaine (au
"Grenier à Sel") aux pieds de la Tour Eiffel
(mini récital au Théâtre de Chaillot,
avant la "comédie musicale" ratée
d'Arias, "Concha Bonita": où croyez-vous
que l'esprit de Music-hall souffla vraiment ?)... |