C'est
en toute confiance que Marie France va se produire au Petit
Robert, célèbre restaurant de la rue Cauchois.
Surtout parce qu'elle y a ses habitudes, ses amis et qu'elle
est dans son quartier. Marie France nous reçoit "chez
elle" pour nous offrir un spectacle de chansons, beaucoup
de nouvelles écrites par des amis et par elle-même,
ainsi que quelques reprises. Et en matière de répertoire,
peu d'interprètes savent comme elle faire le grand
écart en choisissant des textes aussi variés
et lointains, qui vont du badinage au tragique: "Quand
vous voudrez / Je vous quitterai Monsieur / Je n'aurai ni
pleurs ni faiblesse" ("Quand vous voudrez")
et "Qui me délivrera / De ton corps / De tes doigts
/ De ta bouche / Qui me délivrera / Enfin de toi ?"
("Qui me délivrera ?"). Même écart
dans le temps, qui nous fait passer des années 20 ("Et
youp et youp", Scotto, 1927) aux très contemporains
Rita Mitsouko ("Une fille à colorier", écrit
pour Marie France).
Plusieurs
soirs de suite tout Paris va s'entasser dans ce petit endroit
auquel Marie France, accompagnée au piano par Euston
Jones, saura donner le parfum très particulier d'un
café-concert à la fois ancien et moderne. Le
glamour, l'humour, l'émotion, les textes de Prévert,
de Nicole Louvier, de Boris Bergman sont autant de combinaisons
que la vamp nous offre pour mieux se livrer. Une combinaison
de soi(e) qui montre mais qui ne dévoile rien.
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