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de septembre 2007 |
La
surprise de septembre 2007 |
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Trois hommes
dans un salon : c'est le titre d'un nouveau spectacle proposé
par la Comédie-Française pour la saison 2007/2008 dans
son troisième théâtre (le "Studio-Théâtre").
Trois hommes dans un salon ? Trois individus anonymes discourant dans
un lieu indéterminé, en une énième variation
sur l'oeuvre dramatique de Sarraute ? Ou, mieux (?), Shakespeare, Racine
et Tchekhov dans un dialogue fictif imaginé par un auteur post-moderne
? Non : Ferré, Brassens et Brel dans "l'intégralité"
de "l'entretien mythique" que le journaliste François-René
Christiani organisa à Paris en janvier 1969... A l'heure où
la façade du Châtelet est recouverte d'une fresque de style
tag-BD-3D annonçant la création de Monkey journey
to the west, opéra en neuf tableaux composé par Damon
Albarn, chanteur des groupes pop anglais Blur et Gorillaz, la Comédie-Française
ne pouvait certes pas continuer indéfiniment avec Molière,
Hugo, Pirandello et quelques dramaturges contemporains dûment
et sévèrement sélectionnés (Jean-Luc Lagarce,
entrera au répertoire en 2008). Il lui fallait, à elle
aussi, quitter les poussiéreux abolis bibelots de la littérature
pour prouver qu'elle est ouverte sur le monde, sympathique, non discriminante,
et donner ce faisant une nouvelle et parfaite illustration de l'accession
de plus en plus fréquente et précoce des activités
de divertissement, des variétés, des arts mineurs au statut
d'Art (majeur). On croirait même que Muriel Mayette, l'administrateur
général du Français, en programmant Trois hommes
dans un salon, a cherché à donner raison à
Renaud Camus, qui décrit le processus dans son dernier ouvrage,
Commande publique : "La Pop Music […] a vu s'ouvrir
devant elle une voie royale, qu'elle n'a eu garde de ne pas emprunter,
et qui menait à la culture, à l'art, à la musique
tout court, à leurs forteresses, leurs palais, leurs salles de
récital et de concert, leurs plateaux de télévision
et leurs "émissions culturelles". (POL, p. 52). De
quoi réjouir Martin Pénet, qui dans les préfaces
de ses deux volumes de la Mémoire de la chanson française
(Omnibus, p. XIX) regrette que la chanson n'a[it] pas eu jusqu'à
présent la place qu'elle mérite parmi les disciplines
artistiques" et souhaite qu'elle ne reste pas "confinée
dans le statut déprécié d'art mineur, puisqu'elle
est l'un des principaux ressorts de [la] mémoire collective et
apparaît comme un phénomène essentiel de la reconstruction
du souvenir".
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