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| L'éditorial
d'avril 2007 |
La
surprise d'avril 2007 |
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Ségolène
Royal a reçu le soutien de Diam's, Nicolas Sarkozy celui de Johnny
Hallyday, José Bové enfin, celui de Jean Ferrat : une
telle constance dans la réitération systématique
des schémas politiques les plus sommaires est proprement admirable.
Le progrès, la France de demain, métissée et rappeuse,
pour la gauche ; la tradition, la France éternelle de la variété
(sic) pour la droite ; et la tradition du progrès, la France
éternellement révolutionnaire de nos grands A.C.I. engagés,
pour l'extrême gauche... On pourrait d'ailleurs disserter indéfiniment
sur ces mariages, dont l'évidence et la prévisibilité
permettent à tous les Pangloss modernes de se rengorger : effectivement,
tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque chacun tient
son rôle ou joue sa partition, comme il était écrit.
Néanmoins certains artistes, comme on dit aujourd'hui, ont encore
le courage, ou du moins (évitons les grands mots) la délicatesse,
de ne pas s'engager sur les mornes avenues de la prise de position
électorale ou politique - ce qui ne veut pas dire, bien
au contraire, qu'ils ne fassent pas de politique. Prenons l'exemple
de Fred Chichin, du groupe Rita Mitsouko. Dans l'entretien qu'il a accordé
à Télérama à l'occasion de la sortie
de son nouvel album (Télérama du 7 au 13 avril
2007, n°2986), il ne parle ni de l'élection présidentielle,
ni même de politique... et pourtant on sera forcé, qu'on
y adhère ou pas, de reconnaître à ses propos, tous
directement liés à la musique, une véritable résonance
politique. Il y a d'abord, justement, la récusation de la notion
même d'engagement pour un musicien, qui détruit automatiquement
son oeuvre dès lors qu'il la prostitue à une cause extérieure
: "Manu Chao n'est pas un musicien. C'est un politique. Comme Renaud.
Ils prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique,
c'est un paillasson sur lequel ils s'essuient les pieds". Il y
a ensuite une critique violente du rap français, qualifié
de "débilo-facho-primaire" : "J'[ai travaillé]
deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C'est édifiant sur
le niveau et la mentalité... Le rap a fait énormément
de mal à la scène musicale française. C'est une
véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté
de l'idéologie que ça véhicule : la violence, le
racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes... C'est affreux".
Il y a enfin la remise en cause de la mode du métissage musical
qui, pour séduisant qu'il puisse paraître, se révèle
un appauvrissement : "C'est toujours intéressant intellectuellement
d'explorer, de chercher ailleurs, mais au niveau du résultat
artistique, ça l'est assez peu. [...] Le message ambiant de l'échange,
du brassage, de l'écoute de l'autre, artistiquement, dilue tout".
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