| Jean Guidoni | |||
Jean
Guidoni chante Jacques Prévert |
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L'Européen
(Paris), le 25 novembre et les 15 et 16 décembre 2008 |
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Fabrice Ravel-Chapuis (arrangements et piano), Julien Amedro (violoncelle), Marc Delhaye (guitare et banjo), Manu Feramus (percussions) |
Récitals | ||
| Première partie : Natacha Ezdra | Sommaire | ||
| Accueil | |||
Le
milieu de la Chanson Française de Qualité est un
microcosme terrifiant vu de loin, et pire encore vu de près, comme
on a pu le constater une nouvelle fois dans la salle de l'Européen,
où il s'est présenté dans toute sa majesté
auto-satisfaite. Pourtant s'il en est un qui jamais ne s'enfonça
dans cette ornière, qui inlassablement brouilla les pistes, flirtant
tour à tour avec le music-hall, la variété ou la
pop, un qui jamais ne brossa quiconque dans le sens du poil, c'est bien
Jean Guidoni, l'homme-qui-est-toujours-en-dehors. Alors comment expliquer
que, outre les quelques fidèles de Guidoni, le public ait semblé
si homogène, si peu "guidonien" donc, et pour tout dire
si caricaturalement Chanson ? La réponse est simple :
Jean Guidoni a choisi pour son nouveau disque et sa nouvelle série
de concerts de s'intéresser à Prévert, autrement
dit au Graal, à l'Indiscutable, au Poète institutionnel...
Rien ne nous fut donc épargné, ni le discours introductif
de la productrice, si sympathique, ni la première partie,
si engagée, ni les réactions du public, si parfaitement
en place qu'on l'aurait cru dressé : silence recueilli lorsque
Natacha Ezdra évoque l'étoile jaune, ricanements lorsqu'elle
s'emporte contre la bourse, tonnerre d'applaudissements lorsqu'elle massacre
une chanson d'Anne Sylvestre ("Une sorcière comme les autres").
Trois-quart d'heure de bien-pensance, de fatuité, de démagogie,
au coeur même d'un cercle qui aime se contempler mais qui est incapable
de la moindre distance et du moindre jeu. Bien sûr on n'a qu'une
envie : se lever et proclamer son amour de la spéculation financière
(même si on n'en pense pas un mot) - mais on patiente sagement,
moitié inquiet de savoir qu'à ces bons sentiments succéderont
encore d'autres mièvreries, signées Prévert, moitié
rassuré par le souvenir des quelques chansons du même interprétées
justement sans mièvrerie aucune par Guidoni, notamment lors de
ses concerts à l'Européen en 1989. |
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Didier Dahon et Jérôme Reybaud, décembre 2008 |
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