| Catherine Ringer | |||
Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more |
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La Cigale
(Paris), les 21 et 22 juillet 2008 |
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A
regarder la foule patienter gentiment en short et tongs le long du boulevard
Rochechouart et semblant sortir de nulle part, on mesura d'emblée
le caractère populaire des Rita Mitsouko, aux deux sens du terme
: du monde, beaucoup de monde, essentiellement des hommes et des femmes
d'une quarantaine ou d'une cinquantaine d'années qui ont vieilli
avec le groupe et ont laissé leur jeunesse branchée pour
embrasser leur classe sociale (essentiellement la moyenne). A l'intérieur,
le public chauffé à blanc par une température ambiante
qui devait frôler les quarante-cinq degrés se mit à
siffler, puis à claquer des mains, geste qui eut au moins le mérite
de ventiler un peu l’atmosphère. A neuf heures moins dix,
la salle, menaçant d’exploser sous le poids d’un pathos
(amour / émotion / bonheur / souvenirs souvenirs…) exacerbé
par le retard de la chanteuse, enfin, elle apparut. Habillée d’une
robette noire, d’un sous-pull blanc et coiffée d’un
haut-de-forme, tel un improbable hybride entre les Frères Jacques
et Liza Minelli, Catherine Ringer entra en scène avec ces mots
: « On a commencé ici à La Cigale avec Fred. Et sa
dépouille n’est pas loin. C’est une grande émotion
d’être ici, d’être à la maison ».
Seule, digne, sereine. Et interrompue par quelqu’un qui se mit à
hurler « Catheriiiiiine, on t’aime ! », bientôt
rejoint par le choeur de la fosse tout entier, si bien que l'on n'entendit
guère la voix de la chanteuse durant le premier titre, "L'Ami
ennemi", tiré du dernier album des Rita Mitsouko, Variety,
d'autant qu'elle était couverte aussi par le volume exceptionnellement
haut de l’orchestration musicale... Idem pour le troisième
titre, "Rendez-vous avec moi-même", dont la mélancolie
fut saccagée par une interprétation trop rock, c'est-à-dire
par une batterie et des guitares trop présentes. Ce n'est qu'avec
"Live in Las Vegas" que Catherine Ringer retrouva sa voix, ainsi
que de très beaux accents Nick Cavien, soutenus tous deux par une
présence scénique qui n’appartient qu’à
elle. D’un bout à l’autre de la scène, elle
occupe l’espace avec une énergie intacte - la façon
dont son corps se déploie et s’ouvre lorsqu’elle danse,
ses mouvements de tête qui, tels ceux des danseuses balinaises,
suivent à la perfection le rythme de la musique - mais aussi plus
réfléchie, ou plus décantée. Il fallait la
voir et, enfin !, l’entendre délivrer "C’est comme
ça" d’une façon sobre, quasi-monacale, pour saisir
la beauté et la maturité de son art aujourd'hui. Cette hauteur
de vue contrebalança un instant l’hystérie de la salle,
qui reprit malheureusement ce qu'elle croyait être ses droits
pour "Les Histoires d’A." puis "Marcia Baïla",
comme abandonnés par une Ringer lasse de se voir réclamer
à cor et à cri et pour la milliardième fois ces tubes.
Ce n'était plus Catherine Ringer mais Le Public qui chantait les
Rita Mitsouko à la Cigale : "Marcia / Elleuu / Danseuu / Sur
du satin / De la rayonne..." répétés en boucle
sur un mode incantatoire, et comme un exutoire. Par chance, à la
fin, personne ne connaissant les paroles de "Importante è
finire", une chanson des années soixante-dix de l'interprète
italienne Mina, Catherine Ringer put reprendre une dernière fois
la parole, c'est-à-dire simplement chanter. Magistralement. |
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Fabienne Reybaud, juillet 2008 |
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