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Le
soir de la "Fête de l’eau", la fille du vent est
venue chanter sur une scène en bas du passeig de Sant Joan, près
du parc de la Ciutadella. Il fait froid, et il n'y a presque personne
à l'heure dite, alors on se réfugie dans un troquet... Lorsque
l'on revient, elle est assise derrière un micro autour duquel serpente
une guirlande fleurie. Sa voix sucre et réchauffe l’atmosphère,
portée par des mélodies simples, presque amicales, qui vous
prennent par la main.
Pour les yeux, c’est rose et rouge, comme la longue jupe de Teresita,
la fille de Cathy Claret, qui visiblement se régale de venir donner
du talon en petits souliers roses à pois blancs et frapper des
palmas sur le devant de la scène. Sa mère ajoute en plaisantant
que, très bientôt, cet incroyable petit chaperon rouge lui
volera la vedette...
Une flûte, un piano jouet tout rouge, parfois une boîte à
rythmes... Cathy Claret souffle dans les branches du flamenco, et lui
envoie des petits courants d’air frais. "Siempre libre"
dit une chanson : ce vent-là passe sous la peau, et chavire le
coeur, comme la reprise à la fois fidèle et personnelle
de "Porque te vas ?" un peu plus tard. Car si la voix
de Cathy Claret a bien quelque chose de juvénile, comme celle de
Jeanette, on y entend aussi (et surtout) autre chose, comme l'écho
de la terre de son enfance, tapi dans son grain de voix, sans affect,
brut et sincère. Un écho doux mais qui frotte un peu, comme
ces lits d'épines de pin sur lesquels on se repose pour "sonare
siempre libre"... |
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